Le 2 décembre, mémoire de la Sainte Martyre Myropée

Née dans la ville d'Ephèse, cette Sainte Martyre du Christ fut consacrée par sa mère, dès son Baptême, au service du tombeau de Sainte Hermione, l'une des quatre filles de l'Apôtre Philippe (mémoire le 4 septembre), dont le saint corps laissait couler en abondance un baume (myron) aux pouvoirs miraculeux, lequel attirait de nombreux pèlerins. C'est de cette sainte fonction qu'elle reçut le nom de Myropée.

Lorsque l'empereur Dèce déclencha sa persécution (vers 250), sa mère l'emmena vers Ile de Chios pour y trouver refuge. Elles demeuraient là toutes les deux dans une maison et s'y consacraient à la prière et à l'oeuvre de Dieu. Mais cette paix fut de courte durée. Peu de temps après, un nouveau gouverneur, du nom de Numérius, fut envoyé par l'empereur dans l'île pour y pourchasser les Chrétiens qui jouissaient jusqu'alors d'une relative liberté. Un pieux et saint militaire, appelé Isidore (mémoire le 14 mai), fut sa première victime. Ayant refusé de renoncer à sa foi, il fut cruellement torturé et eut la tête tranchée. On jeta ensuite son corps dans un ravin pour qu'il soit dévoré par les bêtes sauvages. Remplie de zèle divin et d'ardeur pour vénérer les corps des Saints Martyrs, Myropée, accompagnée d'une servante, se rendit là de nuit et, déjouant la surveillance des gardes placés par le gouverneur à l'entrée du ravin, elle s'empara de la dépouille du Saint et l'ensevelit dans une lieu plus digne. En apprenant ce larcin, Numérius furieux fit châtier les gardes et leur donna l'ordre de parcourir la ville à la recherche du corps, en les menaçant de décapitation s'ils revenaient bredouilles.

Voyant ces pauvres soldats, chargés de chaînes, errer çà et là en tremblant de frayeur. la jeune fille, prise de compassion, eut la conscience dévorée de remords et s'estima responsable de leur châtiment. Elle se précipita alors vers eux et leur avoua qu'elle était l'auteur de ce vol. On la conduisit devant le gouverneur et on la soumit sur le champ à l'interrogatoire et à la torture. Jetée à demi morte dans un cachot, elle trouva encore la force de prier. Et, au milieu de la nuit, le réduit obscur s'illumina soudain d'une lumière céleste et le Saint Martyr Isidore apparut en gloire au milieu du concert des Anges, en lui disant: «Que la paix soit avec toi! Ta prière a été entendue par Dieu et maintenant tu vas venir vers nous pour recevoir la couronne qui t'est réservée». La Sainte rendit sur l'heure son âme à Dieu et le cachot se remplit d'un divin parfum. A ce spectacle, le garde qui se trouvait là embrassa à son tour la foi et devint par la suite, lui aussi, un glorieux Martyr.