Le 29 mars, mémoire de notre Vénérable Père EUSTAISE abbé de LUXEUIL

Devenu de bonne heure disciple de Saint Colomban (cf. 21 nov. Saint Eustaise suivit ce grand fondateur dans son exil (610) et resta un de ses plus fidèles collaborateurs, si bien qu'il devint son successeur à la tête de la communauté de Luxeuil (616).

Il fut ensuite envoyé par le roi Clotaire Il à Bobbio, auprès de son père spirituel, pour tenter de le ramener en Gaule, mais il ne parvint pas à le convaincre. A son retour, il évangélisa les païens de la région du Doubs, où il fonda un monastère, et de la Bavière, puis, laissant là des disciples pour continuer son uvre, il reprit la direction du Monastère de Luxeuil. Mais il dut alors affronter - 1'opposition d'un des moines, Agrestius, devenu hérétique après que l'abbé lui eut refusé de le prendre parmi son groupe de missionnaires. Celui-ci se présenta au concile de Mâcon (626) pour condamner la règle et les tradinons instituées par Saint Colomban. Mais grâce à l'éloquence et au rayonnement de Saint Eustaise, le concile repoussa ses arguments et approuva la Règle de saint Colomban. Malgré le baiser de paix qu'Eustaise lui avait donné, Agrestius n'en cessa pas pour autant ses attaques haineuses et essaya d'attirer à son parti les disciples du Saint qui dirigeaient des fondations issues de Luxeuil. Alors que les Moines de Remiremont s'étaient laissés égarés, Sainte Fare (cf. 3 avril) repoussa l'infâme avec indignation, en lui rappelant que les institutions de Colomban et de ses disciples avaient été confirmées par des miracles dont elle avait été elle-même le témoin. Finalement, conformément à une prédiction de Saint Eustaise, l'hérétique périt misérablement, avant la fin de la même année, frappé d'un coup de hâche par un de ses serviteurs. Eustaise put reprendre paisiblement la direction de sa communauté et contribua, par la fondation d'autres Monastères, à la diffusion dans toute la Gaule de la tradition de Saint Colomban, dont il avait quelque peu tempéré la rigueur afin de la rendre accessible à un plus grand nombre.

A la fin de sa vie Dieu lui donna, en vision, le choix entre quarante jours d'une lente agonie ou trente jours de cruelles souffrances. Il préféra la maladie, afin d'allerjouir plus tôt des biens célestes.