Le 15 novembre, mémoire des Saints Martyrs et Confesseurs GOURIAS, SAMONAS et HABIB1

Les Saints Martyrs Gourias et Samonas étaient Prêtres dans la région d'Edesse lorsque l'empereur Dioclétien déclencha sa grande persécution. Accusés de porter secours aux Chrétiens dans les prisons et d'encourager les fidèles à résister aux menaces pour se tenir fermes dans la foi, ils comparurent devant le gouverneur qui tenta de les faire apostasier. Mais les deux confesseurs refusèrent, en disant: «Nous ne trahirons pas le Dieu unique, qui est au ciel, nous ne le troquerons pas contre une image faite de main d'homme. Nous adorons le Christ Dieu, qui par bonté nous a sauvés de l'erreur; Il est notre lumière, notre médecin et notre vie». Le gouverneur les accusa de se rebeller contre les ordres de l'empereur et leur promis de les faire mourir dans de terribles souffrances s'ils s'obstinaient. «Nous ne mourrons pas, comme tu le dis, mais nous vivrons, selon notre foi, si nous faisons la volonté de Celui qui nous a créé, répondirent-ils. Tes tourments ne nous font pas peur. Ils sont de courte durée et passent sans laisser de trace. Mais nous redoutons les peines éternelles qui sont réservées aux impies et aux apostats. Notre Dieu nous accordera de supporter les tortures qui ne font souffrir qu'un temps, puis disparaissent quand l'esprit a quitté le corps». A ces paroles, le gouverneur donna l'ordre de les enfermer avec d'autres Prêtres et Diacres. Quelques jours plus tard, il les fit sortir et les fit suspendre pendant cinq heures par une seule main. Comme ils gardaient le silence au milieu des tourments et répondaient aux propositions de leurs bourreaux par un signe négatif de la tête, on les jeta dans un cachot nommé le «sombre trou», où ils restèrent trois mois-et-demi dans l'obscurité totale, presque sans boire ni manger.

Lorsqu'ils comparurent à nouveau au tribunal, ils montrèrent la même fermeté et dirent au gouverneur: «Nous avons dit que notre foi et notre parole étaient irréductibles: fais ce qui t'a été commandé par l'Empereur. Tu as pouvoir sur nos corps, mais non sur nos âmes.» On les suspendit par les pieds, mais eux continuaient de prier Dieu de leur donner l'endurance des Patriarches, des Prophètes, des Apôtres et des Martyrs qui souffrirent avant eux pour la Vérité.

Finalement la sentence de mort fut prononcée le 15 novembre 289. Les soldats portèrent Samonas, à qui on avait brisé la rotule, jusqu'au tribunal, et soutinrent Gourias, à cause de son âge. En entendant la sentence, leur visage s'illuminèrent de joie et ils dirent: «Nous sommes les plus misérables des hommes. Nous ne méritons pas d'être comptés au nombre des justes et de leur être comparés. Mais la parole de notre maître nous console: Celui qui perd sa vie à cause de Moi la trouvera (Mat. 10:39). Louange à Celui qui nous a jugé digne de supporter tous les tourments pour le nom de Jésus-Christ». Avant de leur trancher la tête, le bourreau leur dit: «Priez pour moi, je vous en supplie, parce que je fais le mal devant Dieu». Samonas et Gourias se mirent à genoux, tournés vers l'Orient, et s'adressèrent à Dieu en disant: « Père de notre Seigneur Jésus-Christ, reçois nos esprits et garde nos corps pour la résurrection.» Ils présentèrent leur nuque au bourreau et furent décapités l'un après l'autre. Lorsqu'on apprit la nouvelle de l'exécution des deux Martyrs, toute la population de la ville

se précipita sur les lieux pour recueillir les précieux restes et jusqu'à la poussière qui avait bu leur sang. Ils furent ensevelis au milieu de l'encens, des parfums, des Psaumes et des Cantiques qu'on offrait à la gloire de Dieu qui avait montré sa force dans la persévérance des Martyrs.

Saint Habib était Diacre à l'époque où Licinius déclencha, à la suite de Dioclétien, une nouvelle persécution contre les Chrétiens (309). Il parcourait clandestinement les villages de la region d'Edesse pour y rassembler les fidèles dans l'église, leur lire les Ecritures et les encourager à persévérer dans la vérité de la foi, sans crainte des persécuteurs. Quand il l'apprit, le gouverneur Lysanios en fut fort irrité et fit rechercher ce Diacre audacieux. Ne le trouvant pas, il fit saisir sa famille et les gens de son village. A cette nouvelle, Habib partit pour Edesse, où il se livra au commandant de la garde du gouverneur. Ce dernier tenta de le persuader de s'enfuir en lui disant que, de toute manière, sa famille ne risquait rien, mais le Saint insista, convaincu que la volonté de Dieu était bien qu'il achevât son oeuvre par le Martyre.

Soumis à l'interrogatoire, Habib montra une telle assurance et un tel dédain pour les idoles que le gouverneur furieux le fit flageller sans pitié. Quelques jours plus tard, il fut à nouveau traduit devant Lysanios. Comme il refusait toujours de se soumettre, on le fit suspendre et écarteler, tout en lui déchirant la chair avec des peignes de fer. A la menace de nouvelles et plus terribles tortures, le Saint répondit: «Ces supplices affermissent plutôt ma volonté, comme l'arbre qu'on arrose porte du fruit.» Voyant son impuissance le tyran lui dit: «Ta religion t'enseigne-t-elle à haïr ton propre corps et à te complaire dans les souffrances?» - «Nous ne haïssons pas nos corps, répliqua Habib, mais nous nous réjouissons en contemplant les réalités invisibles, confirmés par cette promesse que les souffrances de cette vie ne sont rien auprès de la gloire réservée à ceux qui aiment le Christ (Rom. 8:18)». Comme la mort par le glaive lui semblait trop douce, le gouverneur ordonna qu'on brûle le Saint à petit feu. On l'emmena, en le traînant par une lanière qu'on lui avait fixée à la bouche. Sa mère, vêtue de blanc comme pour un jour de fête, marchait à ses côtés. Arrivé au lieu de l'exécution, Habib pria, puis, se retournant, bénit la foule qui était venue l'accompagner et qui lui souhaita de trouver la paix. Quand le feu commença de crépiter, il ouvrit la bouche et rendit l'âme aussitôt. Les Chrétiens le tirèrent alors du feu, l'oignirent et le parfumèrent, puis le déposèrent sur les fagots. Son Saint corps fut enseveli dans le même tombeau où avait été déposés Gourias et Samonas.

1. On commence aujourd'hui le jeûne de quarante jours préparant à la Nativité.