Le 7 octobre, mémoire des Saints Martyrs SERGE et BACCHUS

Saints Serge et Bacchus vivaient à Rome sous l'empereur Maximien (vers 296). Ils étaient tous deux de noble naissance et très appréciés de l'empereur, qui leur avait confié malgré leur jeune âge de hautes charges à l'école militaire dite des «Gentils». Serge en était «primicerius» et Bacchus «secundicerius». Un jour, alors que l'empereur avait ordonné un sacrifice public en l'honneur des dieux païens et comme signe de soumission à son autorité, les deux jeunes officiers furent les seuls à ne pas se présenter. Prenant ce geste comme un acte de révolte, l'empereur plein de colère les fit comparaître devant lui et leur demanda la raison de leur désobéissance. Ceux-ci lui répondirent: «Nous ne devons te servir comme de fidèles serviteurs que dans ton armée terrestre, ô Empereur. Quant à nous séparer le moins du monde du seul vrai Dieu que nous adorons pour offrir un culte aux dieux inanimés, ni le fer ni le feu ne pourront jamais nous y contraindre. Car nous ne considérons rien de plus heureux que de souffrir pour la foi». Maximien ordonna qu'on les dépouille sur le champ des marques de leur dignité et qu'on les revêtit de vêtements féminins. Ainsi habillés et chargés de lourdes chaînes, ils furent livrés à la risée publique sur la forum. L'empereur les fit ensuite déporter dans la ville de Barbalisson sur l'Euphrate, où se trouvait le gouverneur de l'Orient, Antiochus, homme particulièrement cruel et sans pitié. Comparaissant devant lui, les Saints jeunes gens ne furent intimidés ni par ses menaces ni par ses flatteries; on enferma Serge dans un cachot pendant que l'on soumettait Bacchus à la torture. Il fut si cruellement frappé à coups de nerfs de boeufs qu'il en remit son âme à Dieu dans la joie de rejoindre l'armée des Anges et des Saints. Le lendemain, on fit comparaître Serge, dont la seul tristesse était de rester encore dans ce monde de vanité, alors que son compagnon jouissait déjà de la béatitude. Après avoir vainement essayé de le faire apostasier en lui rappelant sa puissance passée et en le menaçant des plus cruels supplices, Antiochus lui fit mettre des chaussures garnies de clous à l'intérieur et l'obligea à courir ainsi devant son char sur une distance de plus de quinze kilomètres. Elevé au-dessus de la souffrance du corps par la joie de participer à la Passion du Seigneur, le jeune homme courut avec allégresse en chantant des Psaumes. Pendant la nuit, un Ange vint le guérir de ses plaies, si bien qu'il réapparut le lendemain devant le gouverneur, frais et dispos pour de nouveaux combats. Antiochus donna l'ordre de lui trancher la tête. En parvenant sur le lieu de l'exécution, le Saint demanda à ses bourreaux quelques instants, pendant lesquels il éleva vers Dieu de ferventes prières pour ses persécuteurs. Puis il inclina de lui-même la tête sous le glaive et partit rejoindre Bacchus dans le Royaume céleste.

Le tombeau de Saint Serge à Rosafa (200 km à l'est d'Alep) devint par la suite un des sanctuaires les plus vénérés de l'Orient, de sorte que l'endroit fut appelé Sergiopolis, et des fragments de ses Saintes Reliques furent diffusés dans tout le monde chrétien.