Le 29 octobre, mémoire de la Sainte Vierge et Martyre ANASTASIE la Romaine

Saint Anastasie vécut à Rome sous le règne de l'empereur Dèce, de son successeur Valérien et sous le gouverneur de la ville, Probus (vers 256). Jeune et belle, dotée de tous les biens qui peuvent faire oublier les choses divines pour les préférer aux plaisirs de ce monde, elle renonça cependant à ce qui la retenait à cette vie pour embrasser la vie angélique dans un petit monastère de la capitale, sous la direction d'une moniale sage et pleine de vertu, Sophia. Comme le Diable voyait que la jeune Anastasie combattait vaillamment contre les assauts des passions de la chair, il décida de la tenter par l'épreuve ultime de la confession du Christ dans le sang. On la dénonça au gouverneur Probus comme impie effrontée qui refusait de rendre un culte aux dieux de la cité et méprisait ainsi la religion de l'état. Celui-ci envoya ses soldats la prendre dans la maison qui servait de monastère. La sage Sophia laissa partir sa disciple avec larmes, à la pensée de la perdre, mais avec joie aussi d'offrir au Christ une épouse parée de la robe aux couleurs variées et aux franges d'or des vertus (Ps 44:15). Devant le gouverneur Anastasie ne craignit pas de confesser audacieusement sa foi: assurant celui-ci que, puisqu'elle était déjà morte au monde par le renoncement et l'ascèse au nom de l'amour du Christ, les menaces des tortures et de la mort par le Martyre non seulement ne sauraient ébranler sa foi, mais encore la remplissaient de joie divine: car c'est ainsi qu'elle pourra être unie en plénitude au Christ Dieu. Le tyran, furieux de se voir ainsi vaincu avant que le combat ne commence, déchaîna sur la frêle jeune fille la férocité impuissante de ses bourreaux. On la frappa de multiples manières, on lui fracassa les membres par le supplice de la roue, on lui déchira les seins, et, finalement, on lui arracha sa langue qui ne cessait de rendre grâce à Dieu dans les tourments. C'est ainsi que Sainte Anastasie accomplit victorieusement le combat du Martyre. Sophia, avertie par un Ange, vint prendre ses Saintes Reliques, lesquelles se trouvent aujourd'hui pour leur plus grande partie au Monastère de Saint-Grégoire, au Mont Athos.

1. Elle est distincte de Sainte Anastasie Pharmacolytria, martyrisée sous Dioclétien et célébrée le 22 décembre. Mais elle est peut-être la même personne que Sainte Anastasie célébrée le 12 octobre (cf. supra), martyrisée à la même époque et dans des circonstances identiques.