
aaaLe dimanche le plus proche du 25 janvier, nous célébrons la mémoire des Saints Hiéromartyrs VLADIMIR de KIEV et BENJAMIN de PÉTROGRAD, de la Sainte Martyre la grande-duchesse ÉLISABETH; ainsi que la SYNAXE de tous les NOUVEAUX-MARTYRS de l'ÉGLISE RUSSE au XXe siècle 1 aaaBaptisée au Xe siècle par des missionnaires venus de Byzance, l'Église russe a produit dans la suite des temps quantité de Saints: hiérarques, moines et justes, qui ont été prendre place en compagnie des Saints antérieurs dans la cour céleste. Mais il lui manquait d'être ornée, comme de pourpre et de lin fin, du sang des Martyrs, pour être présentée parfaite et rayonnante au Christ son Époux. aaaDe 1918 à 1926, la tourmente révolutionnaire qui s'est acharnée sur les représentants les plus dignes de l'Église Russe, a produit plus de Martyrs que toutes les persécutions d'antan. Parmi ces nouveaux-Martyrs on compte 78 Evêques: le Saint "Premier-Martyr" Vladimir, Métropolite de Kiev, le Saint Patriarche Tikhon (ci-contre) (cf. 25 mars), les Saints Hiérarques Benjamin de Pétrograd, Barsanuphe de Kirillov, Andronique de Perm, Métrophane d'Astrakhan... quelques 2 700 Prêtres, 2 000 Moines et 3 400 Moniales, morts dans des monastères transformés en camps de concentration, ainsi que des centaines de milliers de pieux laïcs, connus ou inconnus, qui ont bravement affronté le dépouillement de leurs biens, le mépris et les tortures de toutes sortes pour répondre à cette invitation du Seigneur: « Reste fidèle jusqu'à la mort, et je te donnerai la couronne de la vie » (Apoc. 2:10). Leur sang versé en libation et leurs souffrances sont les joyaux qui, en ces derniers temps, sont venus rehausser la robe nuptiale de l'Épouse du Christ, de sorte qu'on peut chanter aujourd'hui en leur honneur avec le Psalmiste: « A sa suite des vierges sont amenées au Roi, ses compagnes lui sont présentées. Elles sont introduites parmi la joie et l'allégresse, elles entrent dans le Temple du Roi » (Ps. 44:15-16). aaaIl est impossible de narrer leur confession de foi et leurs tourments. Nous nous limiterons ici à l'évocation de trois des plus notables de ces athlètes de la piété, dont le culte a été récemment proclamé. aaaLa Révolution d'Octobre ébranla la vie ecclésiastique en Ukraine, comme dans toute la Russie, et l'on tenta d'y fonder une Eglise nationale, ne reconnaissant pas le Métropolite Vladimir qui s'était réfugié au Monastère des Grottes. Au début 1918, alors que la guerre civile avait atteint Kiev, le Métropolite continuait à célébrer la Divine Liturgie en plein bombardement. Le 25 janvier, Kiev étant occupée par les bolcheviques, un détachement de cinq hommes armés se présenta au monastère qui avait été pillé quelques jours plus tôt, et appréhenda le Métropolite. Le Saint les suivit, en pleine nuit, chantant et priant, aussi calmement que lorsqu'il se préparait à célébrer la Divine Liturgie. Lorsqu'ils parvinrent au lieu de l'exécution, il bénit ses bourreaux et dit: « Que Dieu vous pardonne! », avant de tomber fusillé. aaaMalgré le soutien manifeste du peuple, le tribunal condamna à mort le Métropolite, ainsi que l'Archimandrite Serge et les Prêtres Georges Novitsky et Jean Kavsarov; ils furent fusillés le 13 août. Les bolcheviques, craignant une insurrection, avaient fait croire que le Métropolite avait été transféré à Moscou; et dans le petit peuple, la rumeur se répandit que leur père n'avait pas disparu, mais qu'il se cachait pour revenir un fois la tourmente apaisée. aaaAyant décidé de se consacrer tout entière à Dieu, Sainte Élisabeth vendit les nombreuses oeuvres d'art quelle possédait et fonda à Moscou le Monastère de Marthe-et-Marie, dédié aux oeuvres de miséricorde. Au printemps 1918, elle fut arrêtée par les bolcheviques en compagnie de deux moniales de ce monastère, Catherine et Barbara. La première fut libérée peu après, mais Barbara réussit à rester auprès de la grande-duchesse et partagea son Martyre. aaaLa nuit du 18 juillet 1918, Sainte Élisabeth et d'autres membres de la famille Romanov furent précipités dans une galerie des mines d'Alapaevsky, où l'on fit éclater des grenades. Leurs corps furent retrouvés au mois d'octobre suivant, après que des chants et des prières eussent été entendus sur les lieux. Le corps de Sainte Élisabeth était intact et incorrompu. On envoya alors ses précieuses Reliques, avec celle de la moniale Barbara, à Jérusalem, où elles furent déposées dans l'église du Monastère de SainteMarie-Madeleine, qui a été construite par l'empereur Alexandre III. 1. Proposée dès le Concile pan-russe de 1918, la célébration de tous les Martyrs de la persécution soviétique a été instituée en 1981 par le Synode de l'Église Russe hors-frontières, et a été fixée au dimanche le plus proche du 25 janvier, selon l'ancien calendrier (soit du 7 février selon le nouveau). En 1991, le Patriarcat de Moscou a procédé, à son tour, à la reconnaissance du culte des Saints Hiéromartyrs Vladimir de Kiev et Benjamin de Pétrograd, et de la Sainte Martyre Élisabeth, première étape vers l'institution par l'Église Russe d'une Synaxe de tous ses Nouveaux-Martyrs. On trouvera le récit du Martyre de quelques uns de ces Saints dans Polsky: Les Nouveaux Martyrs Russes. Paris, S.O.S., 1976. |