Ce dimanche, nous faisons mémoire de la Parabole du Pharisien et du Publicain

Vivant en Pharisien, tu l'éloigne du Temple :
Le Christ est au-dedans, et l'humble le contemple.

O divin Créateur du ciel et de la terre,
de tous les Anges reçois l'hymne du Trisaghion
et le triode aussi de la bouche des hommes.

AAALes trois premières fêtes, celles du Pharisien et du Publicain, du Fils prodigue et du second Avènement, ont été conçues par les Saints Pères comme une préparation et un entraînement, afin que nous soyons préparés et prédisposés aux combats spirituels du Carême, en renonçant à nos habitudes mauvaises. Et avant tout on nous expose la parabole du Pharisien et du Publicain, qui donne son nom à la semaine.

AAACeux qui doivent affronter les combats corporels reçoivent d'abord de leurs stratèges une instruction pour le temps de la guerre, afin qu'ils sachent fourbir leurs armes, préparer tout comme il faut et que, tout obstacle levé, ils marchent de tout cœur vers les combats et fournissent l'effort qui leur est demandé. Souvent même, avant la rencontre, on leur adresse des discours, avec des exemples tirés de l'histoire, excitant leur âme à l'émulation, les détournant de la crainte, de la lâcheté, de la nonchalance et de tout ce qui peut les mettre en danger. De la même façon les divins Pères sonnent d'avance le combat du jeûne, qui va s'engager contre les démons, afin de nous purifier et des passions qui se sont emparées de nos âmes et des poisons qui y agissent depuis longtemps; afin que nous nous empressions d'acquérir les vertus que nous ne possédons pas et que, revêtus d'une armure convenable, nous soyons prêts à marcher vers les combats du jeûne. Et c'est pourquoi ils nous exposent en premier lieu cette parabole évangélique si digne de foi, ils nous la proposent comme la première arme pour acquérir la vertu, celle du repentir et de l'humilité, et nous mettent en garde contre le plus grand obstacle vers elle, celui de la jactance et de la vanité.

AAAA travers le Pharisien, ils nous enseignent à rejeter le vice de l'orgueil et de la présomption, et par le Publicain, à lui opposer son contraire, l'humilité et le repentir. Car le premier et le pire des vices, c'est l'orgueil, la présomption: c'est par là, en effet, que le diable a été déchu du ciel, lui qui auparavant était le Porte-lumière (Lucifer), par là aussi qu'il devint ténèbre et qu'il en porte le nom. Et pour ce qui est d'Adam, notre premier père, c'est par là qu'il lui advint d'être chassé du Paradis, et pour cela les Saints nous exhortent, d'une certaine manière, à ne pas nous enorgueillir de nos vertus et à ne pas nous exalter au-dessus de nos proches, mais d'être toujours humbles. Car le Seigneur résiste aux orgueilleux, mais il accorde aux humbles sa grâce. Il vaut mieux se repentir après avoir péché que de s'enorgueillir pour avoir fait ce qui est juste. Car je vous le dis, nous déclare-t-il : le Publicain s'en revint justifié, et non pas le Pharisien. La parabole révèle donc qu'il ne faut pas s'élever, même si l'on fait le bien, mais toujours s'humilier et prier Dieu de toute son âme, même si l'on est tombé dans les pires fautes, car le salut n'est pas loin. Le Publicain, c'est celui qui, ayant reçu des souverains le droit de percevoir les impôts et les affermant contre toute justice, en tire un gain illicite. Le Pharisien est un «séparé», pour ainsi dire, qui dépasse les autres par sa connaissance de la Loi. Saducéen vient de Sadok, ce grand-prêtre qui aida le roi David contre Absalon (2 Rois 15:24 sqq). Sedek, c'est la justice. Chez les Hébreux, il y avait trois hérésies: les Esséens (sic), les Pharisiens et les Saducéens, pour qui n'existent ni Résurrection, ni Anges, ni Esprit.

Cette vie de Saints est tirée du :
"Triode de Carême", Diaconie Apostolique 1993