Le 23 août, mémoire du Saint Hiéromartyr IRÉNÉE, Evêque de SIRMIUM et de ses compagnons ÔR et OROPSIS, morts par le glaive1

Le Saint Martyr du Christ Irénée était Evêque de Sirmium (aujourd'hui Srijemska Mitrovica), la capitale de la Pannonie Seconde, sous le règne de Dioclétien et Maximien (vers 304), à une époque où il était encore permis aux Evêques d'être mariés . Comme il proclamait avec assurance la Parole de Dieu et provoquait la conversion d'un grand nombre de ses concitoyens, il fut arrêté par les païens et traduit devant le gouverneur Probus. Après l'avoir interrogé sur son identité, le magistrat l'invita à sacrifier aux dieux invincibles, afin de vivre en paix dans la cité. Le valeureux disciple du Christ répondit qu'en aucune façon il ne se soumettrait aux coutumes idolâtres, et qu'il n'avait cure de la paix qu'on lui proposait. Il fut livré à diverses tortures: la flagellation, les ongles de fer et les verges, mais resta inébranlable dans sa confession du Sauveur. Poussant la cruauté à son comble, Probus avait convoqué la famille du saint pour assister aux supplices. Sa femme et ses enfants lui baisaient les pieds et le suppliaient d'avoir pitié d'eux, tandis que sa mère et sa domesticité se répandaient en lamentations. Comme le gouverneur le pressait de se laisser attendrir par ces larmes et de ne point perdre le meilleur de ses années, le Saint lui répliqua que c'était précisément pour ne pas se perdre éternellement qu'il refusait de sacrifier.

Renvoyé en prison, il comparut de nouveau devant le proconsul quelques jours plus tard. Comme on lui demandait s'il était marié et avait des enfants, élevant son âme au-dessus des sentiments de la nature, le Saint répondit: « Le Sauveur nous a enseigné que quiconque lui préférerait père, mère, femme et enfants (cf. Mat. 10:37) n'était pas digne de Lui. Aussi quand je pense à Dieu et à la félicité qu'Il a promise à ses fidèles serviteurs, je méprise toute chose de cette terre. Mes enfants ne perdront pas beaucoup à ma mort, car je leur laisse pour Père le Dieu qu'ils adorent avec moi. J'ai confiance qu'Il prendra soin d'eux et les fera héritiers de Son Royaume. Accomplis donc ce qui t'a été ordonné. » Le magistrat le condamna à être noyé dans la Save. Saint Irénée répliqua qu'après tant de menaces, il s'attendait à une mort plus cruelle; alors, hors de lui, Probus ordonna de le décapiter avant de le jeter dans le fleuve. Il fut amené sur le pont d'Artémis et, après avoir été dépouillé de ses vêtements, il rendit grâce au Christ de l'avoir rendu digne de participer par ces tourments à la gloire éternelle, puis les gardes lui tranchèrent la tête et jetèrent son corps dans le fleuve. Une église fut ensuite érigée en son honneur, à l'est de la cité, où il était vénéré comme un des plus illustres Martyrs de Sirrnium.

On rapporte que deux Chrétiens, probablement originaires d'Égypte, Ôr et Oropsis, comparurent alors aussi en jugement. On les précipita dans une fournaise, mais une ondée descendue du ciel éteignit le feu. Ils furent ensuite livrés en pâture aux fauves qui les laissèrent indemnes, et après avoir échappé à d'autres supplices, ils furent finalement décapités et jetés eux aussi dans la Save.

1. Le Synaxaire de Constantinople mentionne au 22 août un St Irénée et ses deux compagnons, Ôr et Oropsis, avec un résumé de leur passion qui ne précise ni lieu ni date. Mais dans le Ménologe Impérial (XI s.) Ôr et Oropsis sont associés à St Irénée de Sirmium, avec certains détails qui permettent de supposer que cette version est la plus authentique.
2. Progressivement entré dans les usages depuis le IVe s., le célibat ne fut imposé aux Evêques que sous le règne de Justinien.