Le 19 avril, mémoire du Saint Martyr THEODORE de PERGE, en Pamphylie, de sa mère PHILIPPA et des deux soldats SOCRATE et DENYS

Saint Théodore était un jeune et ardent chrétien de dix-huit ans originaire de Pergé, en Pamphylie. Sous le règne d'Antonin le Pieux (l 38-16 1), Théodote, le préfet de cette région, fit réunir les jeunes gens les plus vigoureux, afin de les envoyer servir dans l'armée à Rome. En voyant la belle allure de Théodore, les agents recruteurs s'empressèrent de l'amener auprès du gouverneur. Mais au moment où l'on voulut le marquer du sceau des conscrits, il se jeta à terre en criant : « Depuis ma jeunesse j'ai été enrôlé par le seul Roi du ciel et de la terre, et j'ai été marqué de Son sceau au Saint Baptême! » Comme il avait repoussé les propositions de sacrifier aux dieux en se moquant des superstitions idolâtres, il fut étendu à terre et cruellement flagellé à coups de nerfs de buf. Sous les coups, il ne cessait de prier et déclarait qu'il préférait s'offrir lui-même en sacrifice au seul vrai Dieu plutôt que de se soumettre aux usages paiens.

Lorsqu'on l'étendit sur un gril brûlant, le sol s'ébranla soudain et une source jaillie de terre éteignit le brasier. Ce prodige provoqua la conversion d'un prêtre païen, nommé Dioscore, qui, sur l'ordre du magistrat, se jeta dans les flammes en invoquant l'aide du Dieu de Théodore.

La nuit venue, l'Evêque Pégase vint rendre visite à Théodore dans sa prison et l'encouragea à persévérer jusqu'au bout dans son glorieux combat pour l'édification de toute l'Eglise de Pergé. Le cinquième jour, le Saint comparut de nouveau devant Théodote et, après avoir montré la même résolution, il contraignit le démon qui habitait dans la statue de Jupiter à prendre la fuite en confessant son impuissance devant les Saints Martyrs du Christ. Théodore fut alors attaché à des ânes sauvages et traîné à terre. Mais il fut délivré par une nouvelle intervention divine et deux soldats, Socrate et Denys, se convertirent à sa prière.

Après une troisième comparution devant le préfet, Théodore fut jeté dans une fournaise ardente, en compagnie des deux soldats. Entouré d'une rosée qui le rendait invulnérable, il se tenait au milieu des flammes en louant Dieu et exhortait ses compagnons à chanter avec lui l'Alleluia. A la prière de Théodore sa mère Philippa, qui se trouvait en captivité depuis trois années, fut amenée sur place par un Ange. Il la consola, l'exhorta à ne pas s'attrister sur ses souffrances qui lui préparaient une gloire éternelle, et son angoisse maternelle se changea ainsi en joie, comme si elle allait assister aux noces de son fils.

Le préfet condamna alors Théodore à la crucifixion, les deux soldats à mourir par le feu et sa mère à la décapitation. En parvenant devant la croix Théodore la salua avec joie, comme le signe de notre Salut et la source de notre résurrection, et demanda aux bourreaux à être crucifié la tête en-bas. Mais ceux-ci refusèrent et le clouèrent au bois, comme Notre Seigneur Jésus-Christ. Le Saint s'écria alors : «Maintenant je t'ai écrasé, ô Diable. Je ne te crains plus, car je tiens en main les branches de l'Arbre de vie !» Il resta trois jours en croix, puis expira en disant : « Abba, Père, reçois mon esprit! » Par la suite, les Chrétiens de Pergé, qui vénéraient Théodore comme le protecteur de la cité, édifièrent une église sur le lieu de sa sépulture.