Le 18 décembre, mémoire du Saint Martyr SÉBASTIEN et de ses compagnons

Le glorieux Martyr du Christ Sébastien était issu d'une illustre famille de Milan. Ses grandes qualités l'amenèrent à devenir un des favoris de l'empereur Dioclétien, qui le nomma général de sa garde. Or, malgré les honneurs et la frivolité de la vie de cour, Sébastien était en secret disciple du Christ, et il profitait de ses privilèges pour rendre visite aux Chrétiens enfermés dans les prisons, afin de les réconforter et de les encourager à mener jusqu'au bout le combat de la foi. Un grand nombre lui furent ainsi redevables de ne pas faiblir devant les supplices.

Deux jeunes Chrétiens romains de haute condition, Marc et Marcellin, avaient été arrêtés sur l'ordre du préfet Chromace et avaient été soumis à toutes sortes de supplices, avant d'être finalement condamnés à mort. Pendant tout le mois qui précéda le jour prévu pour l'exécution, les deux saints combattants du Seigneur furent soumis à une épreuve plus redoutable encore: les larmes et les supplications de leurs jeunes épouses et de leurs parents qui les suppliaient de ne pas les abandonner. Il s'en fut de peu que l'amour pour leurs proches et les liens de la chair ne fissent céder ceux qui avaient si vaillamment résisté à la torture. Mais Sébastien vint heureusement à temps les visiter dans leur cachot. Il déjoua cette ruse du diable et les encouragea à supporter la peine de quelques instants pour obtenir la gloire et la joie éternelles avec tous les Saints. Il réussit même à convertir leurs parents païens, Tranquilinus et Marcia, en les guérissant d'une maladie. La parole et le zèle apostolique du saint général amenèrent aussi à la foi un certain Nicostrate et sa femme Zoé, qui entraînèrent à leur tour leur ami Claude, haut fonctionnaire de la cour, et bien d'autres païens qu'ils assemblèrent dans leur maison pour recevoir l'enseignement de Sébastien et le Saint Baptême du Prêtre Polycarpe. Lorsque le jour prévu pour l'exécution de Marc et Marcellin arriva, leur père Tranquilinus se présenta devant le préfet, lui révéla sa conversion et prononça des paroles si convaincantes que le méchant Chromace l'écouta avec attention, eut le coeur attendri et devint lui aussi Chrétien. Le lendemain, devant Sébastien et Polycarpe, il renversa avec zèle et conviction toutes les idoles qui se trouvaient dans sa maison. Son fils Tiburce, impressionné par la conversion de son père, restait pourtant indécis, et n'osait pas encore renier sa superstition. Il proposa aux Saints un marché, et leur promit de les suivre et de détruire ses idoles si son père guérissait d'une maladie qui l'engourdissait et le menaçait de complète paralysie. Chromace, oubliant son mal, n'avait mis aucune condition à sa conversion, aussi reprocha-t-il à Tiburce ses doutes et voulut-il l'en empêcher; mais une lumière venue du ciel l'enveloppa soudain et l'on entendit une voix dire: «Bienheureux es-tu, car tu as cru au Christ, qui maintenant m'envoie pour te guérit». Tiburce, stupéfait devant cette guérison miraculeuse, alla se jeter aux pieds des Saints pour leur demander pardon, et il reçut bientôt le Saint Baptême en même temps que son père.

Plein de joie à la nouvelle de ces conversions, l'Archevêque de Rome, Galus (283-296), vint embrasser les nouveaux frères, et leur annonça qu'un nouveau préfet, chargé de les mettre à mort, allait bientôt être nommé. Aussi leur recommanda-t-il de se répartir en deux groupes: les uns, avec Sébastien à leur tête, restant à Rome pour souffrir à la mort pour Christ; et les autres, avec Polycarpe, devant aller chercher refuge au loin. Les uns et les autres rivalisaient pour rester avec Sébastien, persuadés que le Martyre est la voie royale pour aller au Royaume de Dieu; mais finalement ils se soumirent aux ordres du prélat, excepté le jeune Tiburce qui obtint de se joindre à ceux qui restaient. Marc et Marcellin furent alors ordonnés Diacres, leur père Tranquilinus élevé au Sacerdoce, et Sébastien fut institué le chef de cette cohorte de Martyrs. Ils cessèrent dès lors toute activité profane et attendirent dans la ville que l'on vienne les arrêter, en persévérant nuit et jour dans le jeûne, la prière et les cantiques d'action de grâces. Beaucoup venaient à eux et étaient guéris de leurs maux de l'âme et du corps.

La première victime du groupe fut la bienheureuse Zoé. Arrêtée alors qu'elle se rendait à l'église, elle fut suspendue la tête en-bas et mourut asphyxiée par une fumée nauséabonde. On jeta ensuite son corps dans le Tibre. Ce fut ensuite le tour de Tranquilinus, qui fut lapidé et jeté dans le fleuve. Nicostrate et Nicanos, étant partis à la recherche des corps de leurs compagnons, furent eux aussi arrêtés sur les bords du fleuve, on les mena devant le nouveau préfet, puis devant l'empereur qui les fit exécuter à coups de verges et jeter à l'eau. Tiburce, quant à lui, dénoncé par un faux chrétien, après une belle apologie de la Sainte Foi, fut placé sur des charbons ardents et mourut décapité. Castule, qui cachait les Saints dans sa demeure, fut enterré vivant, et les deux frères Marc et Marcellin, après avoir supporté avec joie diverses tortures, moururent le côté percé de lances.

Saint Sébastien restait le dernier de tous, impatient de rejoindre lui aussi le Seigneur dans la Terre des Vivants. Traduit devant l'empereur, il témoigna avec un calme souverain de la vérité, puis, la sentence de mort ayant été prononcée, il se rendit jusqu'au lieu de l'exécution, accompagné d'une grande foule. On rattacha à un poteau et on le livra comme cible à une troupe d'archers. Le corps percé de flèches, on le laissa pour mort, baignant dans son sang; mais, recueilli par une dame chrétienne, il fut bientôt providentiellement guéri et alla à nouveau se présenter devant le tyran, saisi de stupeur à son apparition. Sur l'ordre de l'empereur, on l'emmena alors au cirque pour y être assommé à coups de massue et y avoir le corps déchiré en lambeaux.

Le soir même de l'exécution de Saint Sébastien, une pieuse chrétienne de Rome reçut dans une vision l'ordre de récupérer son corps et d'aller l'ensevelir dans une crypte (catacombe), au-dessus de laquelle elle fit construire une église en son honneur au temps de la paix de Saint Constantin le Grand. C'est là qu'eurent lieu pendant de longs siècles quantité de Miracles par l'intercession du Saint Martyr.