Le 31 janvier, nous célébrons la mémoire des Saints Martyrs et Anargyres CYR et JEAN, et des Saintes Martyres ATHANASIE et ses filles: THÉODOTE, THÉOCTISTE et EUDOXIE


Saint Cyr était un pieux Chrétien d'Alexandrie, qui exerçait la profession de médecin et guérissait en même temps beaucoup d'âmes en les conduisant au Christ. Il disait à ceux qui venaient le trouver: «Si vous voulez ne pas tomber malades, gardez-vous du péché. Car la maladie est le plus souvent une conséquence du péché». Loin de se fier à la science médicale et aux remèdes, il guérissait les corps par la prière et ramenait à la vie les âmes égarées dans l'idolâtrie en leur prêchant la parole de Dieu. Constatant les succès qu'il remportait, des païens le dénoncèrent au gouverneur de la ville, homme dur et cruel, qui avait été chargé par l'empereur Dioclétien de pourchasser les Chrétiens (vers 303). Sur le point d'être arrêté, Cyr réussit à s'enfuir et parvint jusqu'aux confins de l'Arabie, où il devint moine et acquit une grande renommée par les nombreuses guérisons qu'il accomplissait avec le seul signe de la Croix.

La réputation de Cyr parvint alors jusqu'à Jean, soldat d'illustre naissance originaire d'Edesse (Mésopotamie), qui décida alors d'abandonner l'armée terrestre pour entrer dans la milice du Roi céleste. Renonçant à toute richesse et gloire de ce monde, il se rendit à Jérusalem, puis retrouva Cyr en Egypte où il devint son disciple et collaborateur, tant dans la pratique des vertus que dans les Miracles. Comme la persécution s'étendait, ils apprirent que le gouverneur Syrianos, avait fait arrêter une chrétienne de Canope, Athanasie, et ses trois filles: Théoctiste, Théodote et Eudoxie, âgées respectivement de quinze ans, treize ans et onze ans. Les Saints, craignant que la faiblesse de la nature féminine et le jeune âge des trois fillettes ne les fassent renier le Christ devant la torture, décidèrent de se rendre à Canope pour les encourager. Ils parvinrent à se glisser dans la prison, mais furent découverts et conduits sans retard devant Syrianos. Celui-ci, pensant que le spectacle de leurs tourments allait faire fléchir les quatre femmes, décida de soumettre Cyr et Jean à la torture devant elles. Mais les deux athlètes restaient inébranlables et communiquèrent aux Saintes Martyres leur mâle bravoure, si bien qu'elles endurèrent elles aussi la torture sans fléchir. Le gouverneur donna alors l'ordre de les décapiter, et tous marchèrent ensemble d'un pas assuré vers le lieu de l'exécution. Des Chrétiens vinrent recueillir leurs corps et les déposèrent dans l'église de Saint-Marc à Alexandrie.

Au Ve siècle, Saint Cyrille d'Alexandrie (9 juin), voulant faire disparaître le culte idolâtre d'Isis à Menouhli (Aboukir), y fit transférer les reliques de Saints Cyr et Jean1. Les miracles et les guérisons se multiplièrent, et ce sanctuaire devint un des plus grands lieux de pèlerinage du monde chrétien. Au VIIe siècle, Saint Sophrone de Jérusalem fut guéri d'une maladie des yeux par une apparition des deux Saints: Cyr lui guérit un oeil avec le signe de la Croix, et peu après Jean lui rendit complètement la vue en lui baisant l'autre oeil. En signe de reconnaissance, saint Sophrone écrivit une longue relation de leurs Miracles. Saints Cyr et Jean sont toujours invoqués efficacement par les Chrétiens Orthodoxes parmi les Saints Anargyres 2.

1. La translation de leurs Reliques est commémorée le 28 juin.
2. Saints Cyr et Jean sont vénérés parmi les Saints Anargyres, c'est-à-dire les médecins qui soignaient sans percevoir d'honoraires, et qui guérissaient et continuent de guérir, après leur départ au ciel, les malades qui font appel à eux avec foi. Ces saints guérisseurs sont: Cosme et Damien (17 oct., 1 er nov., 1 er juillet), Cyr et Jean, Tryphon (l er fév.), Thallélaios (20 mai), Hermolaüs (sans mémoire dans le synaxaire, saint local de Chypre), Samson (27 juin), Pantéléimon (27 juillet) et Diomède (16 août).